Tous les carburants ne sont pas égaux
Tout ce qui brûle n'aura pas le même effet ni la même puissance dans un moteur.
Février 2009 | par Case IH

On évalue les carburants en fonction de l'énergie disponible, c'est-à-dire la puissance que l'on peut obtenir avec un moteur diesel. Entre du diesel de source pétrolière et du biocarburant, la perte de puissance est de 10 à 12 %.
D'autre part, au froid, tous les carburants ont tendance à épaissir et même à faire du givre. Le problème avec l'huile végétale est que le point où la « cristallisation » commence est de 6 °C. Il peut donc y avoir des problèmes dès l'automne.
On doit aussi considérer la viscosité d'un carburant. Dans le cas du diesel, elle est de 3,5. Avec son taux de 46,7, l'huile végétale est 13 fois plus visqueuse. Plus un carburant est visqueux, plus l'injection et la combustion seront difficiles.
Technologie des moteurs
Pour mieux brûler les carburants et moins polluer, il faut des moteurs plus efficaces. C'est ce qui a amené les fabricants à augmenter la pression dans le moteur. Ils ont aussi modifié les « trous » des injecteurs. D'un seul trou d'entrée du carburant de 32 mm, on est passé à un ou plusieurs trous de 10 mm. Les gouttelettes de carburant sont plus petites et s'enflamment plus facilement. On a donc besoin de moins de carburant pour produire la même puissance.
Avec les nouvelles générations de moteurs, la mécanique se sophistique. On a par exemple des turbocompresseurs à géométrie variable. Ceux-ci régularisent l'admission d'air et permettent aux moteurs, même à bas régime, de donner la même puissance.
Des mélanges
Le biodiesel, c'est de l'huile végétale transformée, de laquelle on a enlevé la glycérine. Les propriétés du biodiesel ressemblent à celles du diesel conventionnel. Toutefois, certains éléments rendent difficile le remplacement complet du produit pétrolier par le biodiesel.
C'est pourquoi on fait des mélanges. B-20 veut dire que le mélange contient 20 % de biodiesel, B-80, qu'il en contient 80 %. Les moteurs répondant aux normes TIER 2 peuvent tous accepter un mélange B-20 sans compromettre les garanties. Cependant, pour les moteurs TIER 3, il faut vérifier avec le fabricant.
On peut trouver des avantages à l'ajout de biodiesel dans le carburant. Souvent, le diesel pétrolier ne donne pas suffisamment de lubrification aux systèmes d'injection. Le mélange avec du biodiesel corrige la situation. Également, dans la plupart des cas, on améliore la combustion.
Il y a par contre quelques précautions à prendre. On doit porter une attention spéciale à l'entreposage. Il faut un réservoir neuf. Il ne faut pas conserver le biocarburant plus de quatre mois. Au-delà, le risque d'accumulation d'eau est trop élevé.
Huiles végétales... précisions
En ce qui concerne les huiles végétales brutes, non transformées, il est possible d'en utiliser, surtout dans les vieux moteurs. Cependant, il y a plusieurs risques et inconvénients à les utiliser dans les moteurs plus récents.
L'huile végétale brute est 13 fois plus visqueuse que le diesel, donc plus dure pour la mécanique. Elle forme plus de carbone dans les segments et les soupapes. Ceci peut contaminer l'huile à lubrification.
Il est aussi possible que des joints de caoutchouc soient affectés. Dans ce cas, l'atomisation, c'est-à-dire la pulvérisation en gouttelettes à l'injection, sera plus difficile, rendant les moteurs moins performants. Donc, il vaut souvent mieux utiliser du biodiesel, ou huile végétale transformée, plutôt que de l'huile végétale brute.
Bref, il y a des avantages à utiliser du biodiesel en mélange avec du diesel pétrolier.


